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Une plaine à blé

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Pastel sec, 70x50 cm

                Mon ventre,

Mon ventre est la partie de mon corps que je n'aime pas. Je ne l'ai jamais aimé : il m'encombre, je le trouve disgracieux.

J'en ai pris conscience au moment de l'adolescence, période durant laquelle me mettre en maillot de bain devenait compliqué, voire toute une affaire, pour au final toujours porter le même modèle noir et une pièce.

Il fallait le cacher.

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Un autre moment crucial, me déshabiller devant un homme pour la première fois : Je redoutais cet instant, je fermais les yeux et je plongeais dans le grand bain en me disant advienne que pourra, j'évitais le regard.

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Finalement, c'est au cours de mes trois grossesses, que je n'ai jamais été aussi libre d'avoir du ventre. Là, j'étais comme les autres femmes.

Avec le temps, j'ai appris à composer, mon ventre m'a amadoué.

J'ai posé comme modèle de nombreuses fois, mon ventre était toujours là mais de le voir dessiné sous des regards différents, j’ai compris qu’il faisait partie de moi. C’était d’abord une expérience avec surprise et curiosité. Ensuite, les regards bienveillants m’ont permis à mon tour de me regarder avec bienveillance.

Aujourd’hui, j’essaye d’être bienveillante avec lui, comme l’ont été les hommes qui m’ont aimé. Le regard de ces hommes me permettait de me détacher de mon corps et d’oublier à certains moments ce que je n’aimais pas. Leurs regards m’apportaient de la légèreté mais l’acceptation de soi ne vient que de soi-même. J’ai décidé de porter un maillot de bain deux pièces avec des couleurs. J’en suis très heureuse.

Une chanson de François Béranger me revient en mémoire :

Natacha

Ton ventre est une plaine à blé où le lion

Court après la vierge

Dans le soleil de juillet

Et la plaine

Quand elle finit c’est pour venir caresser

Des montagnes douces

Où je cueille des fruits délectables.

Je m’appelle Nathalie, mon ventre est une plaine à blé.

La féminité pour moi, c’est de me sentir libre dans mon corps, c’est la grâce de se sentir belle sans avoir besoin du regard des hommes. C’est cette belle énergie qui me rend joyeuse de vivre.

Nathalie

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